
Le Conseil des ministres s’est réuni le lundi 29 décembre 2025 à midi au Palais de la Présidence de la République, sous la très haute autorité de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement. Cette session, ultime rendez-vous gouvernemental de l’année, s’est tenue dans un contexte particulier, marqué par la fin d’un cycle politique inédit et l’entrée officielle du Gabon dans une nouvelle ère institutionnelle. Plus qu’une simple réunion de clôture, ce Conseil des ministres s’est voulu un moment de bilan, de projection et de clarification des grandes orientations de l’État.
Dès l’ouverture des travaux, les membres du gouvernement ont exprimé leur reconnaissance au Chef de l’État pour la conduite du processus politique engagé depuis la Transition. Le communiqué final insiste sur la restauration effective de l’ordre constitutionnel, désormais consacrée par l’organisation et la tenue de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, suivie des élections législatives et locales de septembre et octobre. Ces différentes consultations électorales ont permis l’installation des nouvelles institutions de la République, notamment la quatorzième législature de l’Assemblée nationale et la sixième législature du Sénat, achevant ainsi un processus long, sensible et scruté tant au niveau national qu’international.
La prestation de serment des neuf juges constitutionnels, intervenue dans la continuité de ces échéances, est présentée comme l’un des actes fondateurs de cette nouvelle phase institutionnelle. Elle marque, selon le gouvernement, le retour définitif du Gabon à un fonctionnement régulier des pouvoirs publics, fondé sur la séparation des pouvoirs, la légalité constitutionnelle et la stabilité des institutions. Le communiqué souligne que ce rétablissement n’est pas seulement juridique, mais également politique et symbolique, traduisant une volonté affichée de rompre avec les pratiques du passé.
Sur le plan politique, le Conseil des ministres a également mis en lumière les réformes engagées dans l’organisation de la vie partisane. La modernisation du cadre juridique des partis politiques apparaît comme un chantier prioritaire, visant à renforcer la crédibilité de l’offre politique, à rationaliser le paysage partisan et à promouvoir une démocratie plus responsable. Le gouvernement estime que la consolidation de la démocratie gabonaise passe par des formations politiques mieux structurées, plus transparentes et réellement ancrées dans les préoccupations des citoyens.
L’exécutif a ensuite dressé un état des lieux de la situation économique nationale.
Le communiqué rappelle que l’année 2025 a été consacrée à la reprise en main des leviers stratégiques de l’économie, dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des marchés, la pression inflationniste et les mutations énergétiques. Le gouvernement réaffirme sa volonté de rompre progressivement avec une économie excessivement dépendante des hydrocarbures, au profit d’un modèle fondé sur la transformation locale, l’industrialisation et la création de valeur ajoutée.
La diversification économique est présentée comme un axe structurant de l’action gouvernementale.
L’industrialisation, l’agro-industrie, la valorisation des ressources forestières et minières ainsi que le développement des chaînes de production locales sont identifiés comme des moteurs essentiels de croissance et d’emplois. À travers cette orientation, l’État entend non seulement renforcer la souveraineté économique du pays, mais aussi répondre aux attentes sociales croissantes, notamment en matière d’emploi des jeunes et de réduction des inégalités.
La diplomatie gabonaise occupe également une place importante dans le communiqué final. Le Conseil des ministres s’est félicité du retour progressif du Gabon sur la scène internationale, matérialisé par la levée des sanctions et la réintégration du pays au sein de l’Union africaine le 30 avril 2025. Ce retour est présenté comme le fruit d’une diplomatie active, pragmatique et résolument tournée vers le dialogue et la coopération.
L’année 2025 aura été marquée par une intense activité diplomatique du Chef de l’État. Sa participation à plusieurs sommets internationaux, dont une rencontre de haut niveau aux États-Unis à l’invitation du président américain, ainsi que la visite d’État du président français Emmanuel Macron à Libreville, témoignent du repositionnement stratégique du Gabon. Le communiqué évoque également la dimension spirituelle et humaniste de cette diplomatie, illustrée par la rencontre du Président de la République avec le Saint-Père au Vatican, perçue comme un message fort en faveur de la paix, de la dignité humaine et du dialogue entre les peuples.
Le Conseil des ministres n’a pas éludé les sujets sensibles, notamment celui du sport national. Le Chef de l’État a exprimé sa préoccupation face aux performances jugées insuffisantes de l’équipe nationale de football lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Au-delà des résultats sportifs, le Président a pointé des dysfonctionnements plus profonds, liés à l’absence de méthode, à la mauvaise gestion des ressources et à l’affaiblissement de la fibre patriotique dans la gouvernance sportive. Cette analyse sans complaisance laisse entrevoir des réformes à venir, destinées à redonner au sport gabonais sa place de levier de cohésion sociale et de fierté nationale.
Sur le plan administratif et réglementaire, plusieurs projets de décrets ont été examinés et adoptés. Le gouvernement a validé des textes visant à renforcer l’efficacité de l’administration douanière, dans une logique de sécurisation des recettes publiques, de lutte contre la fraude et de modernisation des procédures. Ces réformes s’inscrivent dans une volonté plus large de rationaliser l’action publique et d’améliorer la performance de l’État.
Le secteur de la défense et de la sécurité a également fait l’objet d’une attention particulière. Le Conseil des ministres a adopté des mesures visant à améliorer les conditions de rémunération des personnels des Forces de défense et de sécurité, notamment à travers la revalorisation de certains indices de bonification. Des dispositions spécifiques ont aussi été prises pour les attachés de défense, afin d’adapter leurs indemnités aux réalités des pays d’accréditation.
Enfin, le communiqué met en avant les réformes engagées dans le domaine de la protection de l’environnement. Le renforcement du corps paramilitaire des Eaux et Forêts, la clarification de son statut et la réorganisation du ministère en charge de l’environnement traduisent la volonté de l’État de mieux lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, le braconnage et les atteintes à la biodiversité. Dans un pays dont le patrimoine écologique constitue un atout stratégique majeur, ces mesures sont présentées comme essentielles pour concilier développement économique et préservation des écosystèmes.
À travers ce Conseil des ministres du 29 décembre 2025, le gouvernement gabonais dresse ainsi le portrait d’une année charnière, marquée par des décisions structurantes, des réformes profondes et une volonté affirmée de refonder l’action publique. Le communiqué final, dense et ambitieux, apparaît comme un véritable document d’orientation, révélateur des priorités de l’exécutif et des défis qui attendent le Gabon dans cette nouvelle phase de son histoire politique et institutionnelle..


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