Les réseaux sociaux se sont imposés comme l’un des piliers de la communication moderne au Gabon. S’ils représentent une opportunité extraordinaire pour s’informer, apprendre, entreprendre et s’exprimer, ils sont progressivement devenus le théâtre de dérives inquiétantes, en particulier chez les jeunes.

L’usage abusif de ces plateformes engendre une hyper-exposition à des contenus violents, obscènes, trompeurs ou manipulatoires, créant une dépendance psychologique, une perte de repères et une dégradation des comportements. La vie virtuelle, soigneusement mise en scène, provoque une quête incessante de validation au détriment de l’estime personnelle. Le virtuel prend le dessus sur le réel, et l’apparence devient plus importante que l’essence.

Au Gabon, les cas de cyberharcèlement se multiplient, visant parfois des mineurs exposés à des pressions émotionnelles extrêmes, au chantage, à la diffusion de photos intimes ou à des humiliations publiques massives. Pour encadrer ces violences numériques, le pays dispose déjà d’un arsenal juridique, notamment la Loi n°006/2021 portant lutte contre la cybercriminalité, qui réprime sévèrement la diffusion d’images compromettantes, le chantage numérique, les menaces en ligne et les violences psychologiques via Internet. Cependant, malgré l’existence de dispositions légales, le manque de sensibilisation, la peur de dénoncer et le silence familial favorisent encore la propagation de ces actes destructeurs.

Les parents se retrouvent souvent dépassés par la rapidité avec laquelle évoluent les technologies et peinent à contrôler l’usage des écrans au sein du foyer. Les éducateurs et les institutions appellent à instaurer une véritable éducation numérique qui apprendrait aux jeunes à reconnaître les dangers, à adopter une utilisation responsable et à préserver leur santé mentale.

La lutte contre les dérives des réseaux sociaux doit être collective : familles, écoles, institutions, influenceurs et plateformes doivent unir leurs efforts pour redonner aux réseaux sociaux leur rôle initial, celui d’un outil de connexion, de créativité et de partage, et non une arme de destruction émotionnelle, sociale et identitaire.

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