
Le débat relancé par un récent reportage de Gabon 1ère sur la transformation du manganèse appelle à une relecture rigoureuse du parcours industriel d’Eramet-Comilog. L’idée d’une prise de conscience tardive ne résiste pas à l’examen des investissements réalisés depuis plus de vingt-cinq ans sur le territoire gabonais.
C’est au tournant des années 2000 que s’opère un changement de paradigme avec la mise en place du Complexe Industriel de Moanda. Ce projet structurant, financé à hauteur de 80 millions d’euros, dote le Gabon d’outils industriels capables d’améliorer significativement la qualité du minerai. L’enrichissement et la sintérisation permettent alors de valoriser des ressources jusque-là sous-exploitées, tout en optimisant les rendements.
Cette vision industrielle se consolide en 2015 avec l’entrée en production du Complexe Métallurgique de Moanda. Véritable fleuron industriel, cette unité est aujourd’hui la seule de son genre en Afrique subsaharienne. Elle transforme localement le manganèse en produits à plus forte valeur ajoutée, notamment le silicomanganèse et le manganèse métal, destinés à l’industrie mondiale.
Les retombées sociales sont tout aussi significatives. Le site emploie plus de 260 travailleurs, presque exclusivement gabonais, contribuant à la montée en compétences d’une main-d’œuvre spécialisée et à la dynamisation des bassins miniers historiques comme Mounana.
Dans la perspective de l’interdiction des exportations de minerai brut prévue pour 2029, Comilog ne part pas de zéro. L’entreprise a déjà renforcé ses capacités industrielles avec la mise en service des laveries modulaires d’Okouma en 2024, augmentant ainsi le volume de minerai traité localement.
Enfin, l’innovation technologique occupe une place centrale dans cette trajectoire. Les recherches menées sur des procédés de réduction alternatifs au coke ouvrent la voie à une métallurgie plus propre, avec une empreinte carbone inférieure aux standards internationaux.


Leave a Reply